Mathilda Portoghese développe une approche curatoriale à la croisée du féminisme, de la pop culture et de l'expérimentation sensorielle. En tant que commissaire indépendante, elle conçoit l'exposition comme un espace poétique et immersif de friction entre les récits dominants et les formes produites par la contre-culture, où les corps, les affects, les sons et les images cohabitent dans une dramaturgie critique et immersive.
À travers ses projets, elle explore les représentations archétypales dans la fiction populaire et leur influence sur l'inconscient collectif. En grande passionnée de séries TV, sa fascination pour le langage mainstream — qu'il soit détourné, critiqué ou sublimé — la conduit à imaginer des expositions où le politique se dissimule souvent derrière les esthétiques sexy de l'entertainment et des désirs ambigus qu'il provoque.
Très attachée au concept de compagnonnage artistique, c'est dans une grande proximité avec des artistes et commissaires qui se placent eux aussi en observateurices et narrateurices de cette culture large, digitale et vulgaire, qu'elle avance.
Sur le plan éthique et professionnel, elle défend une pratique suivie fondée sur la proximité, la confiance et l'échange critique. Elle accompagne les artistes dans des processus collaboratifs, souvent de longue durée, qui privilégient l'immersion et la sensibilité.
Ex-présidente de l'association Contemporaines, elle défend une valorisation des artistes femmes et des personnes issues des minorités de genre, tout en développant une écologie curatoriale où l'attention, l'empathie et la rigueur conceptuelle sont indissociables.